Journal d'un festivalier. Jour 6

Publié le par Master 2 Conduite de Projets Livre et Multimédia


 

La séance à ne pas rater pendant cette semaine fut indéniablement Minuit Rose ce mercredi à 00h15, salle Cocteau.

Avant de rentrer dans la salle, il faut avouer que nous étions tous un peu impatient, pour ne pas dire excités ! Une rapide présentation des films par leurs auteurs et/ou comédiennes constitue une première introduction au thème de la soirée. Déjà les esprits s'échauffent, des rires éclatent dans la salle pleine à craquer au moindre terme ambigu, bref la séance commence... On risque de s'amuser c'est certain! Le premier film de Florence Miailhe Matières à rêver débute de manière très soft et magnifiquement sur le plan esthétique.

Entre documentaire et fiction, la réalisatrice d'Enculées, Laetitia Masson, et ses comédiens s'interrogent sur la sexualité, la normalité dans le sexe mais surtout sur le désir des autres et sur ce qu'on voudrait qu'ils soient, qu'ils fassent.

Ceux qui alors étaient un peu déçu d'une telle intellectualisation du sujet ont été servis par le troisième film Brown Cock.  Le catalogue annonçait « un hymne au godemiché pour dire « Va te faire foutre » au patriarcat ». (?????) Je résumerais plutôt de la façon suivante : des gros plans, et ensuite des très très très gros plans! De quoi jeter un autre regard sur le sexe féminin. On se demande même si la photo du film sur le catalogue a été flouté exprès... Pas sûre que tout le monde ait apprécié si l'on tient compte du nombre de personnes qui ont préféré quitter la salle plutôt que de regarder la chose en face!

Dommage d'ailleurs car ils ont raté la participation de Toni Marshall à la Collection X Femmes avec le très sensuel Le Beau Sexe. Ici il s'agit d'un véritable film érotique. On y perçoit toute la sensibilité de la réalisatrice qui filme les corps en attente plutôt que la concrétisation du fantasme.

Pour beaucoup ce fut ensuite une grande découverte avec le film This is the girl de Catherine Corringer, déjà assez connue dans le milieu, mais encore ignorée par le grand public. Le titre dit finalement assez bien ce dont il est question : qu'est-ce que veut dire être une fille ? Quel concept se cache derrière ces mots ? On aborde donc ici les interrogations des gender studies, mais méfiez vous, ce film n'est pas à mettre devant tous les yeux! Si le discours théorique peut paraître barbant, l'application pratique surprend. Après quelques jours, j'ai entendu ici et là, entre deux séances, sur Facebook aussi, beaucoup de personnes à priori à l'aise avec leur sexualité qui parlaient encore et toujours de ce film polémique. Il semblerait finalement que Catherine Corringer réussit davantage à nous questionner sur notre rapport à notre propre corps et à celui de l'autre, et des autres.

Dans un autre genre, Elin Magnusson nous montre dans Skin deux amants recouverts entièrement de costumes en nylon. Une certaine sensualité se dégage de ces fausses peaux qui entravent les contacts, mais bientôt une paire de ciseaux entre en jeu!

Enfin, pour finir la soirée sur une touche plus légère, Mia Engberg filme dans Come Together le visage de quatre femmes qui atteignent l'orgasme. De quoi fournir enfin à ceux qui étaient venus faire les malins une bonne raison de rigoler!

 

 


Journal du festivalier lambda : Jour 6


Par Astrid et Léonard

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