Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /Déc /2009 12:48

Pour la deuxième édition de la leçon de cinéma traces de vies recevait le célèbre réalisateur israélien Amos Gitaï.

Durant une matinée et une après-midi raccourcie par le vol retour de ce dernier nous aurons pu assister à une intéressante discussion animée par Pascal Mérigeau.


 

Visiblement les deux hommes se connaissent assez bien et si leur discussion est plaisante elle n'en demeure pas moins assez convenue. Au travers de nombreux lieux communs égrainés filtrent cependant un regard acéré, inimitable. Un caractère hors norme qui ne peut se faire jour que dans la durée.

Gitaï n'a jamais véritablement décidé d'être cinéaste, il a d'ailleurs une formation d'architecte. Au cours de la guerre du Kippour l'hélicoptère qui le transporte est transpercé d'une roquette.

Le processus qui s'en suivra et qui l'amènera au cinéma est long et torturé. L'histoire de son premier film commandé par la télévision israélienne puis refusée par celle-ci apparaît dès lors comme puissamment symbolique.

Faute de véritable leçon de cinéma Amos Gitaï donne une leçon de nonchalance et d'humilité. Interrogé sur des points précis impliquant la perception artistique de son oeuvre il esquive, blague, refuse la sur-interprétation qu'on lui propose et qui ferait de lui une sorte de maestro visionnaire animé d'une aura céleste.

Le cinéaste entretien en réalité une véritable distance avec son oeuvre lui permettant de ramener certaines séquences diffusés à ce qu'elles représentent réellement: soucis techniques pour affréter le premier jour d'un tournage un bateau au large d'Israël alors que rien n'était prévu, prouesses des acteurs...La trilogie de Kadosh ? Une suggestion d'un journaliste de libération qui lui plut..

Amos Gitaï démonte lui-même le mythe qu'on aurait voulu lui ériger, se défend d'être en quoi que ce soit exceptionnel. Et dans cette démarche justement il le devient un peu.


 

Gitaï brosse ainsi le portrait de son oeuvre: un cinéma qui érige la modestie en valeur clé comme quand il confie a propos de la scène originellement destinée a ouvrir le film Kippour: « c'était une scène très couteuse, impressionante et de l'avis général particulièrement réussie ». Amos Gitaï décide de l'éliminer car elle apparait « trop spectaculaire ».


 

La leçon de cinéma.

Jeudi 26 novembre 2009 9h30 et 13h30 Auditorium Groupe ESC Clermont

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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /Déc /2009 10:43
Par Master 2 Conduite de Projets Livre et Multimédia - Publié dans : Interviews de réalisateurs
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /Nov /2009 17:55
Grand Prix Traces de Vies
Ecchymoses, de Fleur ALIBERT (Prix du Conseil Général du Puy de Dôme).

Prix "Hors Frontières"
Shadi, de Maryam Khakipour (Prix du Conseil Régional d'Auvergne).

Prix "Regard social"
Belleville la vie, de Françoise Marie Prix (Prix de l'Acsé : Agence nationale pour la Cohésion Sociale et l'Egalité des chances).

Prix de la création
Agosti, seul avec tous, de Silvia BORDONI et Grégory ROBIN (Prix de la Ville de Clermont-Ferrand).

Prix du premier film professionnel
Hors saison, de Jean-Claude COTTET (Prix de la ville de Vic-le-Comte).

Prix des Formations Audiovisuelles
Un ami est parti, de Delphe KIFOUANI (Prix MAIF)

Prix da la création associative
Warda, de 12 jeunes palestiniens encadrés par Louise-Marie COLON et Delphine HERMANS (Prix CRAV et FAL).

Prix "Enfance, jeunesse"
Le métier de Sahar, de Taj MOHAMMAD BAKHTARI (Prix IUFM).

Mention spéciale
L'enfance sourde, de Brigitte LEMAINE.
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 21:25
Par Master 2 Conduite de Projets Livre et Multimédia - Publié dans : Interviews de réalisateurs
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /Nov /2009 18:01

   
Nora Chipaumire, danseuse contemporaine maintenant établie à New York, est née en 1965 au Zimbabwe, alors qu’il s’appelait encore Rhodésie. Dans Nora, elle revient sur ses années de jeunesse, avant qu’elle ne quitte son pays pour suivre sa propre voie. Elle évoque son enfance tiraillée entre un père et une mère divorcés, son adolescence difficile pendant laquelle elle a été confrontée à la violence de ses camarades, ses premières expériences amoureuses, son engagement politique pendant les événements des années 80, le poids des traditions qui la pousseront vers l’exil... C’est ainsi que Nora est devenue qui elle est aujourd’hui : une femme libre et forte des choix qu’elle a fait autrefois.

L’artiste retrouve ici ses thèmes de prédilection. Dans Chimurenga, une performance multimédia de soixante minutes, la chorégraphe et danseuse abordait déjà ses expériences pendant la seconde guerre de libération du Zimbabwe. Poems, un autoportrait dansé seule, était cette foi s l’occasion de dialoguer avec elle-même et avec l’Afrique. Nora, réalisé avec la collaboration du musicien légendaire Thomas Mapfumo, « le lion du Zimbabwe », réunit donc ces préoccupations et transcende l’histoire personnelle de l’artiste pour nous proposer le portrait d’une femme africaine qui s’élève contre la fatalité, et nous montre la voie du changement.

Après un premier étonnement, le spectateur est vite absorbé par cet objet cinématographique étrange. L’histoire de l’artiste n’est pas racontée en images ou en paroles, mais en mouvement. Ici, c’est le corps qui est porteur de sens : violence, joie, humour, colère, émancipation, révolte, liberté… Quelques cartons explicatifs tout de même à la manière des films muets viennent éclairer le public.

Une esthétique soignée, des couleurs profondes viennent enfin compléter le tableau très réussi de ce petit chef d’œuvre.



Nora, d'Alla KOVGAN et David HINTON (2008). Movement Revolution Productions.

Par Astrid.

Par Master 2 Conduite de Projets Livre et Multimédia - Publié dans : Critiques de films
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